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Le défi du Covid-19 pour les SCJM du monde entier

14/04/2020

Cette année, nous avons toutes vécu une expérience unique du mystère pascal. Le Seigneur nous a rencontrées, nous a renouvelées et nous a fortifiées dans et à travers le monde virtuel !

Pendant la Semaine Sainte, nous avons vécu une expérience exceptionnelle de communion au sein de la Congrégation et de solidarité avec nos frères et sœurs dans le monde, en nous confrontant aux réalités du Covid-19, à travers notre retraite sur le thème de la semaine. Dans un monde qui est mis à rude épreuve, le message de Pâques résonne haut et fort, dissipant toute anxiété et toute peur. Selon les mots du Pape François, en cette Pâque " nous acquérons un droit fondamental qui ne peut nous être enlevé : le droit à l’espérance " (Homélie de la Veillée pascale).

Des marques d’intérêt et de sollicitude continuent à venir de diverses parties de la Congrégation pour prendre de nos nouvelles, tant ici au Généralat qu’en Belgique. La puissante force de soutien par la prière accompagne toujours chaque message, lettre ou appel téléphonique !

La situation en Belgique reste toujours critique avec 30 589 cas confirmés et 3 903 décès à ce jour (13/04). Le confinement en vigueur risque de se prolonger et nous continuons à trouver des moyens d’en tirer le meilleur parti. Nos Sœurs qui sont infectées par le Covid-19 progressent bien et, heureusement, aucun nouveau cas n’est signalé. Cependant, le nombre de victimes semble augmenter parmi les membres du personnel soignant.

Dans d’autres parties de la Congrégation, la situation semble prendre des proportions alarmantes. Nous en avons un aperçu grâce aux récits suivants qui nous sont parvenus ; d’autres suivront :

Ranchi (par Sœur Marie-Joseph Valiyankal)

Le coronavirus qui a pris d’assaut le monde avec l’Inde dans sa mire. Ayant la deuxième plus forte densité de population au monde, la propagation sociale du virus est l’un des dangers auxquels le pays est confronté. Sur les 29 États de l’Inde, les quelques États touchés comprennent le Maharashtra, le Kerala, le Karnataka, le Tamil Nadu, l’Uttar Pradesh et le Jharkhand. Selon d’éminents médecins et analystes sociaux, la propagation de ce virus mortel dans d’autres régions du pays est une question de temps. Le nombre de décès est passé à 200 jusqu’à présent et les cas confirmés augmentent eux aussi de manière alarmante. La population vit dans une peur et une anxiété constantes. Les mesures prises en temps utile, notamment le confinement, la distanciation sociale obligatoire et d’autres mesures strictes prises par le gouvernement central ainsi que par les gouvernements des États ont été bénéfiques dans une certaine mesure pour prévenir la rapide propagation du virus jusqu’à présent. Certains gouvernements des États ont pris des mesures louables en identifiant les personnes touchées dès le début et en mettant en place des centres d’isolement, des installations de dépistage et des traitements appropriés, une cuisine communautaire, la distribution du matériel nécessaire et d’autres mesures similaires.

Ce qui est positif actuellement, c’est qu’au-delà des frontières, les gens réalisent le besoin de Dieu et beaucoup apportent leur aide aux nécessiteux malgré le confinement et d’autres restrictions. Les SCJM de la Province de Ranchi participent activement à la prise en charge des travailleurs migrants pendant le confinement. L’archidiocèse de Ranchi, en coopération avec le gouvernement du Jharkhand, en a eu l’initiative. L’une de nos écoles à Hulhundu a été convertie en foyer d’accueil pour les travailleurs migrants. L’endroit est prêt à accueillir 200 personnes avec toutes les dispositions nécessaires pour leur séjour. Les personnes n’y seront accueillies qu’après avoir subi les tests de dépistage obligatoires. Le même dispositif est mis en place à Chinaki et à Abadganj pour répondre à toute situation d’urgence. Outre l’aide apportée au diocèse pour lutter contre cette crise, nous organisons également des sessions pour sensibiliser les gens aux dangers du coronavirus et aux moyens de se protéger et de protéger sa famille contre le virus. Entre-temps, les communautés du Provincialat, de l’université de Nirmala et de Chianki ont distribué des denrées alimentaires à environ 400 familles dans le besoin dans leurs régions respectives. Les Sœurs sont prêtes et heureuses d’aider les démunis par tous les moyens possibles et, à la vue des signes et des symptômes que nous observons aujourd’hui, nous pensons que nous devons nous préparer à une situation plus grave dans les jours à venir.

Au milieu de toute cette peur, cette anxiété et cette incertitude, nous nous tournons vers Dieu avec confiance en son amour miséricordieux !

IAN Philippines (par Sœur Fatima Peiris)

A ce jour (12 avril), il y a 4 648 cas confirmés de coronavirus dans le pays. Le nombre de décès s’élève à 297. Le pays entier, qui compte plus de 104 millions de personnes, est en quarantaine.

Le système de santé du pays est confronté à cette nouvelle souche du coronavirus, ainsi qu’à des dizaines de milliers de patients atteints de tuberculose. Les Philippines restent l’un des rares pays où le nombre de cas de tuberculose continue d’augmenter chaque année. Aujourd’hui, on estime à un million le nombre de Philippins atteints de tuberculose active. Ceux-ci sont maintenant confrontés à la menace supplémentaire de contracter le coronavirus en raison de l’affaiblissement de leur système immunitaire. Comme les hôpitaux sont désormais bondés de patients atteints de COVID-19, il est conseillé aux tuberculeux de rester chez eux.
Quelques supermarchés sont ouverts, mais seuls des articles limités sont disponibles. Les gens traversent une période très dure et difficile : ils n’ont pas de travail et vivent dans la pauvreté.

En tant que communauté, nous avons décidé de rendre notre mode de vie très simple. Dieu merci, nous avons des légumes et des fruits du jardin. Nous restons unies avec le monde entier et nous passons plus de temps avec le Seigneur. La retraite de la Semaine Sainte a été une expérience merveilleuse pour nous toutes, dans la communauté : nous avons travaillé à notre propre conversion et transformation. Chaque jour, nous apprenons et faisons l’expérience de beaucoup de choses dans notre vie.

Pakistan (par Sœur Sophia Patras)

Pas moins de 13 localités de la capitale provinciale de Lahore ont été partiellement ou complètement isolées samedi en raison d’une augmentation soudaine des cas de coronavirus. Bien que Lahore reste l’une des régions les plus touchées de la province, les zones isolées sont anciennes et densément peuplées, une situation qui pourrait potentiellement faire de ces localités isolées des foyers d’infection massive du coronavirus.

Le nombre total de cas de coronavirus dans le pays s’élève à 5 015, avec 86 décès.
La majorité des cas d’infection au COVID-19 au Pakistan concernent des pèlerins revenus de l’Iran au début de ce mois.

Le ministère de la santé pakistanais a émis des directives pour la population sur la façon de se protéger contre le Coronavirus. Le gouvernement a exhorté les gens à éviter les rassemblements publics, à se laver les mains régulièrement et à garder une distance avec les patients atteints du virus. Malgré ces messages publics largement propagés par les médias, beaucoup de gens semblent ignorer ces instructions. La pauvreté est endémique dans le pays, et de nombreuses personnes ne parviennent pas à joindre les deux bouts. Ils considèrent le coronavirus comme le moindre de leurs problèmes.

Pour faire respecter la "distanciation sociale", l’armée a été appelée à aider la police. Dans certains endroits, les personnes qui rompent la "distanciation sociale" sont punies par la police. Les mosquées, les églises et tous les lieux de culte restent fermés aux rassemblements importants. Seules quelques personnes (4-5) peuvent se joindre aux prières le vendredi ou le dimanche. Les gens sont invités à prier à la maison.

Dans les grandes villes, les hôpitaux privés n’ont pas de médecins et les patients atteints des maladies habituelles ont du mal à se faire soigner. Les marchés de produits alimentaires sont ouverts pendant un certain temps. De nombreuses personnes de bonne volonté s’occupent des pauvres en leur distribuant des produits alimentaires.

Rwanda (envoyé par Sœur Mary Paul Vadassery)

Le Rwanda a, lui aussi, sa part d’expériences douloureuses en ce moment où le monde est confronté à la pandémie. Le confinement mis en place plus tôt, se poursuivra pendant deux semaines encore. Les autorités civiles et ecclésiales nous envoient régulièrement des instructions spécifiques nous demandant de les respecter très strictement. En cas d’indiscipline, des mesures sévères sont prises par les autorités. Au début, il était très difficile pour les gens de rester chez eux sans se rencontrer et se saluer. Mais aujourd’hui, cela semble faire partie de leur vie. Nous pensons que le Coronavirus a appris aux gens à être disciplinés. La vigilance des autorités est vraiment admirable. Même les personnes très peu instruites et pauvres s’inquiètent à l’annonce d’un simple rhume et d’une toux et courent se faire examiner dans des centres de santé. Les symptômes font l’objet d’un contrôle ordinaire et beaucoup d’entre eux sont renvoyés chez eux après avoir été rassurés et conseillés. Seuls les cas très douteux sont envoyés dans les grands hôpitaux pour un examen complet. Des bouteilles de désinfectant sont disponibles partout.

À ce jour, nous avons 118 cas, mais ce sont tous des cas bénins, qui sont isolés dans les hôpitaux publics. Quelques-uns d’entre eux se sont déjà rétablis. Tous les hôpitaux font le premier contrôle de tous ceux qui entrent. Tous les hôpitaux et centres de santé privés sont priés de garder des places prêtes à recevoir les patients du Covid-19 en cas de nécessité. Le calme et la tranquillité règnent partout. Les grands corbeaux qui venaient autrefois manger tout ce que nous plantons dans notre jardin ne sont plus visibles.

Les pauvres et les travailleurs journaliers sont les personnes qui souffrent le plus dans notre pays en ce moment, sans travail et sans autres moyens de subsistance pour leur vie quotidienne. Nous ne les oublions pas et essayons de partager tout ce que nous pouvons pour les aider. Cela nous a appris l’esprit de partage et l’attention à l’égard des plus démunis.

Nos Sœurs du Burundi, pays voisin où nous avons une communauté, vivent dans un autre monde. Jusqu’à présent, il y a cinq cas de Covid-19 dans le pays. Les frontières et l’aéroport sont fermés depuis deux semaines. Pour le reste, la vie continue comme d’habitude ; il n’y a pas de fermeture et les gens se déplacent librement dans le pays. Toutes les institutions fonctionnent comme d’habitude.

La semaine sainte a été un moment privilégié pour nous d’être en union plus intime avec le Seigneur et avec toutes les Sœurs de notre Congrégation. Le calme et la tranquillité qui régnaient autour de nous nous ont permis de mieux prier pour le monde entier et de nous souvenir de nos frères et sœurs qui souffrent dans les différents continents. Nous sommes extrêmement heureuses de notre expérience de retraite de la Semaine Sainte.

Delhi (envoyé par Sœur Teresa Attupuram)

Au moment où nous écrivons ces lignes, l’Inde a enregistré 16 999 cas confirmés et 331 décès dus au COVID-19. La bonne nouvelle, cependant, est le rétablissement de 1086 cas positifs. Delhi enregistre le deuxième plus grand nombre de cas d’infection avec un total de 1154 cas confirmés et 24 décès. Un confinement national a été annoncé le 24 mars pour une durée de 21 jours et il est maintenant signalé qu’il pourrait être prolongé jusqu’au 30 avril. Le gouvernement a également imposé des interdictions de voyager et tous les sites touristiques, écoles, cafés, restaurants, clubs de sport et autres lieux publics sont temporairement fermés. Ce confinement a principalement touché les migrants et les pauvres, en particulier les femmes, les enfants, les personnes handicapées, les marginaux et les personnes déplacées. Ils n’ont pas de travail, pas d’argent, pas de nourriture et pas d’endroit approprié pour se loger. Le nombre de véhicules sur les routes a considérablement diminué et la pollution a également baissé.

De nombreuses ONG chrétiennes et non-chrétiennes se sont manifestées pour distribuer des paquets de nourriture, des produits alimentaires, des médicaments et d’autres produits essentiels à la survie des personnes. Toutes les communautés de la Province participent à l’identification des personnes dans le besoin et offrent leur aide dans la mesure du possible dans cette situation particulière. Dans les régions éloignées, il n’est pas facile d’acheter des produits alimentaires. Néanmoins, nos Sœurs travaillent dur et tentent de venir en aide aux victimes de la pandémie avec l’aide des propriétaires de magasins, de la police et des fonctionnaires du gouvernement. Le gouvernement central et les gouvernements des États ont également pris de nombreuses mesures pour aider les pauvres, comme la mise à disposition de maisons de fortune, d’abris et de rations pour tous. En outre, des professionnels de la santé sont formés pour gérer les cas de Covid-19 et les installations de dépistage sont renforcées par l’association des facultés de médecine privées et publiques, ainsi que de 14 instituts de santé mentale dans tout le pays.

Dans la Province, toutes les Sœurs et nos collaborateurs sont jusqu’à présent protégés contre le COVID-19. Pour beaucoup d’entre nous, vivre à l’intérieur pendant une période aussi longue est une expérience nouvelle. Beaucoup de nos communautés n’ont pas de messe et les liturgies de la Semaine Sainte et de Pâques nous ont manqué. Cependant, nous trouvons de nouvelles façons de partager et de célébrer la foi de manière créative pendant cette pandémie. Chacune a soif de rester connectée à Dieu/notre lien vital.

St-Bernard, R.D.Congo (envoyé par Sœur Angèle Benabiabo)

La pandémie de Covid-19 en République Démocratique du Congo est documentée dans le pays à partir du 10 mars 2020, date à laquelle un premier cas est confirmé sur le territoire.

Le 19 mars, Félix Tshisekedi annonce la fermeture de toutes les écoles et universités du pays.

Le 24 mars, dans la soirée, le Président Félix Tshisekedi décrète l’état d’urgence au cours d’une allocution télévisée, ainsi que l’isolement de la capitale, Kinshasa. La panique s’empare des habitants, et les supermarchés sont pris d’assaut avec des queues de plusieurs centaines de mètres.

Le 27 mars, le gouverneur de Kinshasa décide finalement de reporter le confinement de la capitale à une date non-déterminée, invoquant un problème de flambée des prix des biens de première nécessité, ainsi qu’un risque d’insécurité.

Le 2 avril, il annonce de nouvelles mesures de confinement pour la capitale, qui ne toucherait finalement que la commune de La Gombe, centre administratif et commercial de Kinshasa, pour deux semaines à partir du 6 avril.

Au 12/04/2020, le nombre total de cas confirmés s’élève à 235, depuis le début de l’épidémie déclarée le 10 mars 2020. Au total, il y a eu 20 décès.

Cinq provinces sont touchées. Il s’agit de Kinshasa avec 223 cas. Le Nord-Kivu compte 5 cas. 4 cas sont recensés au Sud-Kivu, 2 en Ituri et un cas dans le Kwilu.

Depuis 2018, la R.D. Congo combat la pire épidémie d’Ebola de son histoire, qualifiée d’« urgence sanitaire de portée internationale » par l’OMS. Début mars 2020 cependant (période où la présence du coronavirus commence à être documentée sur le territoire), les nouveaux cas d’Ebola détectés se font de plus en plus rares, et l’annonce officielle de la fin de l’épidémie est envisagée par les autorités pour le 12 avril. La R.D. Congo combat également une importante épidémie de rougeole depuis plus d’un an, l’OMS ayant recensé 335.000 enfants contaminés, dont 6 300 décès, notamment dans le nord du pays.

À suivre...

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