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Le défi du Covid-19 pour les SCJM du monde entier (suite)

St-Vincent, R.D. Congo (envoyé par Sr Marie Céline Bulungu)

Dans la Province, jusqu’ici, aucune Sœur n’est atteinte. Dieu merci.

Au Haut Katanga : Le Gouverneur a autorisé la vente des produits alimentaires, afin que la population puisse s’en procurer. Les barrières sont érigées à différents endroits pour vérifier le nombre de passagers autorisés dans les transports en commun durant ce temps de pandémie. Devant les magasins de produits alimentaires, les acheteurs font la queue tout en respectant une certaine distance. Le gel alcoolique est donné aux gens pour désinfecter les mains.

La situation ne semble pas trop difficile pour ceux qui ont un peu de moyens financiers ; tandis que la majorité de la population, qui vit au jour le jour par la vente de petits articles, traverse un moment difficile.

Au Kasaï et Lomami : La population est en mouvement, on demande aux gens de respecter seulement les règles d’hygiène. Jusqu’à présent, seuls Kinshasa, le Nord – Kivu, le Sud – Kivu, Ituri et Kwilu dans le Bandundu ont des cas confirmés.

Vue d’ensemble des cas :
Kinshasa : 241 cas confirmés, 20 personnes guéries, 20 décès.
Afrique du sud : 2272 cas confirmés, 410 personnes guéries, 27 décès.

Dans cette situation alarmante que traverse l’humanité entière, la Province Saint Vincent de Paul a choisi de faire l’adoration chaque jour dans toutes nos communautés pour implorer le secours divin sur notre humanité en détresse.

Mali (envoyé par Sr Marguerite Tubale)

Voilà en bref la situation de COVID-19 dans notre pays :

Le ministre de la santé et des affaires sociales est chargé de tenir régulièrement informée l’opinion nationale et internationale de la situation épidémiologique au Mali. Il a communiqué ceci :

Le 12/4/2020 les services de santé ont enregistré 11 nouveaux cas de COVID 19, pas de décès ; 3 patients pris en charge ont été guéris dont 1 enfant de 5 ans.

A ce jour, le nombre de cas positifs enregistrés au Mali est de 116 dont 9 décès pour un total de 25 patients guéris. La prise en charge des autres patients se poursuit. Les autres cas trouvés dans d’autres villes sont vite acheminés à Bamako pour éviter la contamination.

On invite la population à rester sereine et à respecter les mesures de prévention. Nous ne sortons pas de chez nous pour aller en ville et n’avons pas beaucoup de nouvelles.

La fête de Pâques a été célébrée dans l’intimité, uniquement avec les consacrées, les prêtres et quelques laïcs. On demande à toutes les consacrées de rester dans leurs communautés : des prêtres viennent y célébrer la messe chaque jour.

Angleterre-Irlande (envoyé par Sr Elizabeth Roche)

Nous vivons vraiment une époque étrange et déconcertante. Nous avons entamé notre quatrième semaine de confinement, un terme avec lequel nous sommes devenus très familiers depuis que le COVID-19 a pris le contrôle de nos vies. Cet ennemi silencieux, invisible et mortel a causé et continue de causer des centaines de morts chaque jour. Une grande partie de la vie doit être mise en veilleuse, et la seule chose que nous souhaitons et espérons tous, c’est un retour à la normale, quelle que soit cette nouvelle normalité. Comme quelqu’un l’a dit récemment, ... c’est aussi une pandémie de déception humaine..., beaucoup de deuils en plus de la maladie, beaucoup de décès dus au virus, et tant de personnes qui meurent seules à l’hôpital, sans qu’un être cher soit présent pour leur tenir la main et leur apporter un peu de réconfort à un moment aussi critique. La distanciation sociale exige d’être séparés à un moment où la proximité est la plus nécessaire. Viennent ensuite les restrictions tout aussi strictes en matière de services funéraires et d’enterrement. Des vies, des familles et des communautés sont donc traumatisées ici, comme elles le sont d’ailleurs partout dans le monde. C’est certainement le plus étrange des sentiments, même surréaliste. Il y a un profond chagrin et une lutte déchirante que beaucoup de gens traversent en ce moment, en particulier les malades, ceux qui sont atteints de COVID-19 et ceux qui sont malades d’une autre manière, ainsi que ceux qui pleurent leurs morts.

Dans ce contexte, qui semble presque inéluctable, jusqu’à ce qu’un vaccin soit trouvé, il se dégage une profondeur de bonté, de bienveillance et de bon voisinage qui contraste totalement avec ce qui se passe. C’est comme si notre humanité commune se rassemblait d’une manière douce et bienveillante pour nous montrer comment être ensemble, à un moment où l’on nous demande de rester chez nous et d’observer la distance sociale qui nous sépare les uns des autres.

En ce qui concerne la région Anglo-Irlandaise, à ce jour les Sœurs ne sont pas infectées par le virus, car nous observons chacune les mesures exigées par les gouvernements et les autorités sanitaires en Angleterre et en Irlande. Comme 30 des 33 Sœurs de la région sont âgées de plus de 70 ans, la majorité d’entre elles sont confinées chez elles et ne sortent que pour chercher leurs médicaments et faire un peu d’exercice quotidien. La communication par les différents moyens de la technologie moderne est bien sûr un atout considérable à l’heure actuelle, car elle permet d’établir des contacts pour atténuer le sentiment d’isolement et de solitude. Il y a beaucoup de possibilités de retransmission en direct de la messe depuis divers endroits, ce qui est très utile, et pendant la Semaine Sainte les différents services étaient accessibles, nous permettant de puiser force et espoir dans notre Foi pendant cette période très difficile et éprouvante. En tant que religieuses, nous faisons maintenant l’expérience de l’aide et de la prévenance de nos voisins qui nous proposent de nous apporter des vivres, et nous leur assurons à notre tour notre prière quotidienne, nous remercions donc Dieu de découvrir ce que signifie appartenir à l’unique famille humaine.

Sri Lanka (envoyé par Sr Anastasia Perera)

Le Christ est ressuscité ! Le lendemain de Pâques, nous toutes, Sœurs de la Charité, pouvons rendre grâce pour le don de la retraite en ligne que nous avons eu l’occasion de faire ensemble pour découvrir toute chose et toute personne avec un regard nouveau dans le Seigneur, et pour grandir en solidarité avec les victimes du Coronavirus.

Le premier cas confirmé du virus au Sri Lanka a été signalé le 27 janvier, une femme chinoise de 44 ans de la province de Hubei en Chine, arrivée comme touriste. Le 10 mars, le premier ressortissant local sri-lankais, un guide touristique de 52 ans travaillant avec un groupe d’Italiens, avait été testé positif. Par la suite, les cas signalés, les personnes infectées et les zones de quarantaine ont commencé à se multiplier et à se propager rapidement dans l’île. Le port du masque facial est devenu obligatoire. La télévision et la radio diffusaient régulièrement des instructions sur les mesures de précaution nécessaires que les gens devaient prendre. La peur et l’incertitude étaient évidentes partout. Tant de questions et aucune réponse apparente ! Nous avons été mis au défi de rester pacifiques, solidaires et confiants que le Seigneur nous protégerait !

De nombreux voyageurs avaient négligé les procédures de quarantaine. Cela signifiait qu’ils allaient propager le virus. Et c’est ce qu’ils ont fait ! Le 25 mars, plus de 14 000 personnes ont été mises en quarantaine. Des restrictions de voyage ont été introduites : suspension des visas et des vols internationaux. Le 27 mars, le couvre-feu a été décrété. Cela signifiait l’impossibilité de sortir. Il y avait des achats dictés par la panique et de longues files d’attente ! Nous sommes mis au défi de revenir à un mode de vie plus simple, de nous remettre en question, d’apprendre à nous débrouiller avec moins et d’être reconnaissants pour l’essentiel. C’était aussi un appel à nous tourner vers notre mère la Terre : cultiver des jardins familiaux pour l’avenir et écouter le message de l’Evangile, "regardez les oiseaux du ciel et les lis des champs". Dans beaucoup de nos communautés, la Providence divine a été vécue de façon inattendue lorsque le garde-manger a été trouvé vide et avec de nombreuses bouches à nourrir !

Un comportement responsable a été demandé : éviter les foules, se distancier socialement, se désinfecter fréquemment, s’abstenir d’abuser des médias sociaux, ne pas violer les restrictions du couvre-feu... (à ce jour, plus de 20 000 personnes ont été arrêtées pour violation). Les prières liturgiques, y compris les services de la Semaine Sainte, ont été annulés et ce fut un coup dur jusqu’à ce qu’on réfléchisse et qu’on voie que Dieu est dans nos cœurs !

Dans tous nos couvents, les Sœurs ont observé, prié, encouragé les autres et espéré que l’épidémie serait bientôt maîtrisée. Cependant, les nouvelles qui nous parvenaient des pays européens nous ont consternées. Nous avons eu recours à de nombreuses formes de prière et de supplication. Certaines de nos petites communautés et maisons de retraite qui ont des prêtres ou des aumôniers résidant à proximité ont continué à célébrer la messe et ont embrassé le reste de la Province et de la Congrégation dans leur prière.

Aujourd’hui, la spiritualité et la foi sont devenues une force vivante, non seulement parmi les Sœurs mais dans la nation tout entière. Les gens, bien que confinés chez eux, sont plus proches et plus concernés. Il y a plus de partage et d’attention. Les gens se rassemblent autour de leur télévision pour suivre la messe et d’autres services. Chaque petit foyer et chaque famille est désormais une église vivante et un sanctuaire de l’amour de Dieu !

Vietnam (envoyé par Sr Suman Anima Toppo)

Selon le ministère de la santé, le pays a eu au total 265 cas confirmés de COVID-19 sur son territoire depuis que le virus est connu, dont certains se sont rétablis. Aujourd’hui, le nombre total de personnes mises en quarantaine s’élève à 75 291.
Depuis le 1er avril, nous avons des règles strictes de distanciation sociale à l’échelle nationale, limitant les mouvements uniquement à l’essentiel. Dans ce contexte, l’Église au Vietnam a diffusé en direct les messes quotidiennes et autres services pendant le Triduum pascal et la Vigile de Pâques. Les églises, qui étaient autrefois pleines pour les messes quotidiennes, ont été témoins du vide et d’un grand silence pendant la période cruciale de Pâques 2020. Cependant, dans les familles et les communautés, des milliers de croyants assistent chaque jour aux messes en ligne avec beaucoup d’amour et de dévotion.

En tant que citoyens responsables du pays, nous toutes dans la Région contribuons à la vie de la nation en adhérant strictement à la distanciation sociale, en faisant des sacrifices et en priant quotidiennement pour les victimes et en partageant ce que nous pouvons avec les pauvres.

Pour certaines d’entre nous, c’est devenu une opportunité donnée d’être ensemble, de vivre notre Cor unum, anima una. C’est aussi le moment d’exprimer certains des dons et talents que Dieu nous a donnés : l’art et l’artisanat, la couture, la peinture, etc. Nous avons également saisi cette occasion pour étudier la Parole de Dieu et les documents de la Congrégation. Nous avons également des sessions pour améliorer notre connaissance de la langue.

Certaines d’entre nous étaient anxieuses, notamment nos aspirantes et postulantes. Ainsi, nous nous sommes parfois assises ensemble pour parler de notre expérience pendant ce moment d’incertitude et chacune a partagé ses pensées et ses réflexions. Nous essayons d’être des canaux de grâce les unes pour les autres. Les jeunes en formation avaient la possibilité de retourner chez leurs parents si elles le souhaitaient, mais leur réponse a été frappante : "Mes Sœurs, nous sommes venues ici ; nous allons affronter ces difficultés ensemble." Cette belle réponse a fortifié chacune d’entre nous.

Pendant cette période, nos bienfaiteurs sont plus soucieux de nos besoins. Sans entrer dans la maison, ils nous laissent des denrées alimentaires ! Nous ne manquons de rien ! Nous faisons l’expérience de la providence de Dieu. Selon les possibilités de chacune, les communautés plantent leurs propres légumes et se débrouillent avec ce qui est disponible. Dans la mesure du possible, nous aidons les pauvres du quartier et partageons avec eux ce que nous avons dans l’esprit de Pâques.

Une des communautés a eu le privilège de célébrer l’Eucharistie pendant la semaine sainte et le jour de Pâques. Nous disons merci au Curé qui a choisi notre maison pour célébrer la sainte Eucharistie. Celle-ci a été retransmise en direct pour les paroissiens.

Unie dans la prière, toute la Région offre chaque jour le chapelet de la miséricorde et passe une heure en adoration pour prier pour la guérison de notre monde du coronavirus. Nous avons cheminé ensemble avec d’autres et avons participé à la retraite en ligne avec les mêmes sentiments et intentions. Cette période de calme et d’isolement social a aidé chacune de nous à approfondir sa relation avec Dieu, avec soi-même, avec les autres, avec les personnes du monde entier et avec la création tout entière.


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