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Le rayonnement du charisme des SCJM face au Covid-19 ! (Suite)

Région anglo-irlandaise

La direction de l’hôpital où je travaille en tant qu’aumônière a commencé à se préparer à l’éventuel impact dévastateur du Coronavirus en janvier 2020.

En février, j’ai commencé à prendre conscience de la gravité de cette maladie lorsque tout le personnel, y compris moi-même, a reçu une formation sur l’utilisation des EPI (équipements de protection individuelle). C’est grâce à cette formation, ainsi qu’aux nouvelles de l’OMS, que j’ai commencé à prendre conscience de la gravité de la maladie.

Nous avons tous dû nous entraider pendant cette période. Des vagues de peur étaient palpables parmi tout le personnel, y compris les consultants seniors. Beaucoup d’entre eux ont estimé qu’ils préféreraient être ailleurs que dans le milieu hospitalier. Cependant, d’une manière étrange, cette peur est puissante et nous nous sommes entraidés pour y faire face. ... Les paroles de l’archevêque Desmond Tutu écrites en 1931 étaient inspirantes. "Nous ressentons tous la peur, mais lorsque nous l’affrontons et la reconnaissons, nous sommes capables de la transformer en courage. Être courageux ne signifie pas ne jamais avoir peur ; cela signifie agir comme vous savez que vous devez le faire même si vous avez indéniablement peur".

En tant qu’aumônière, j’ai reçu de nombreuses demandes de prières. Lorsqu’un membre du personnel très dévoué qui avait été infecté a commencé à se rétablir, beaucoup ont exprimé leur foi renouvelée dans le pouvoir de la prière et ont rendu grâce.

Tous les membres du personnel portent désormais un équipement de protection individuelle (EPI). Ces combinaisons sont incroyablement difficiles à porter et à utiliser. Nous devons nous entraider pour nous habiller et, plus important encore, nous aider à nous déshabiller. La crainte de contracter ou de transmettre une infection est une grande inquiétude et un défi.

Mon rôle à cette époque est très varié : visiter le service chaque jour, organiser le sacrement de l’onction pour les patients, soutenir les parents et le personnel, aider le personnel à mettre l’EPI... nous sommes tous dans le même bateau, les collègues se soutenant mutuellement.

Communiquer une présence attentionnée et compatissante est un rôle essentiel pour les infirmières, les médecins, les travailleurs sociaux et les aumôniers dans les soins et les services aux patients et à la famille. L’impossibilité de le faire de la manière habituelle en portant cet EPI "va à l’encontre du but recherché". Cette présence attentionnée peut être et est si difficile lorsqu’on est habillé de cette manière. Le simple contact visuel est difficile lorsque les lunettes portées sont toutes embuées. On ne sait pas encore comment les patients et les familles vivent cette situation ni ce que les patients pensent de nous. Mais ils doivent avoir très peur.

Au milieu de cette situation très stressante, un petit geste de gentillesse et de sollicitude envers le personnel travaillant en première ligne ici à l’hôpital contribue grandement à égayer cette journée autrement très difficile. Les gens sont si généreux envers nous à l’hôpital. Ils donnent de l’argent, apportent de la nourriture, fournissent des EPI, des grille-pain, des bouilloires, des cafetières, des bouteilles d’eau. Le personnel ressent leur soutien et tous ces actes de générosité contribuent à lui rendre la vie un peu plus facile.

La prière est devenue une partie beaucoup plus importante du soutien et de la guérison au sein de l’hôpital. La petite équipe de prière que j’ai invitée à prier dans l’oratoire de l’hôpital, composée de nos prêtres locaux, du ministre de l’Église d’Irlande, de notre évêque et de moi-même, était une réponse à ce besoin. Chacun d’eux s’est senti privilégié d’être invité à aider le personnel qui se sent soutenu et porté dans la prière. Pendant les sept jours de la semaine, un membre de l’équipe de prière est à l’oratoire pour prier pour les personnes affectées par le virus.

Une bougie de solidarité du personnel reste allumée nuit et jour pour tous ceux dont nous touchons la vie dans le cadre de notre travail en ces temps difficiles. De nombreux membres du personnel ont fait part de leur sentiment d’être soutenus dans cette prière.

Les visites à l’hôpital sont désormais limitées à ceux qui sont dans les dernières heures de leur vie et font maintenant partie des soins de fin de vie. Nous ne pouvons autoriser que deux visiteurs par famille pour le moment. Tous les membres de la famille visitent en sachant qu’ils pourraient attraper le virus. Ils doivent également tous porter un équipement de protection complet, ce qui ajoute à leur détresse.

Je passe du temps chaque jour à prendre contact avec les familles endeuillées, dont les proches sont décédés des suites du Covid-19. La plupart d’entre elles me disent combien elles sont tristes de ne pas pouvoir leur dire au revoir. Cette situation, l’absence de rituel funéraire et du soutien habituel des autres membres de la famille et des amis rendent ce moment très pénible. Ils vivent un moment de solitude et d’isolement. Cela rend le processus de deuil très difficile et compliqué.

Je me pose des questions : Qu’est-ce que ce virus nous communique ? Comprendrons-nous les leçons que nous devons en tirer ? Peut-être que notre merveilleux environnement nous parle maintenant haut et fort.

Pour conclure, j’essaie de rester dans l’instant car si je regarde vers le futur proche où les scientifiques se battent encore pour trouver un vaccin et où les gens meurent ... je ressens de la peur.

Cependant, j’ai le sentiment que nos chefs de gouvernement et notre personnel médical font preuve d’un authentique leadership dans la gestion de notre pays. Ils nous tiennent informés chaque jour de leurs plans, de l’orientation et des décisions qu’ils prennent à la lumière des meilleures pratiques et des recommandations de l’OMS. Ce type de leadership a été fort bien accueilli et respecté par le peuple irlandais. Nous nous sentons en de bonnes mains et tous les citoyens sont traités avec beaucoup de respect.

Le soutien que je ressens de la part de mes Sœurs de la Région est tout simplement merveilleux. C’est une grande force pour moi dans mon apostolat. Je suis fière d’être une Sœur de la Charité de Jésus et de Marie, car je suis solidaire et pleine d’espoir avec toutes nos Sœurs du monde entier en ce moment de l’histoire de la Congrégation, unies dans la prière et l’amour.

(Envoyé par Sr Mary Lalor)

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