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Le rayonnement du charisme des SCJM face au Covid-19 (Suite)

13/06/2020

VIETNAM : NOUS SOMMES L’ESPOIR DU MONDE !

Quand je pense à l’espérance, je pense à un endroit sombre, dans un coin de la maison, loin des yeux de tous, et là, il y a un petit rayon de lumière. C’est cela l’espérance !

La vie se déroulait sans heurts. Nous pensions "tout va bien et tout ira bien" ! Il y avait de la joie et des rires partout. Soudain, nous avons appris qu’un petit virus appelé CORONA avait attaqué notre beau monde et toute la vie s’est arrêtée. La pandémie n’a épargné aucun individu, n’a pas laissé le temps de s’y préparer… Mais oui, la vie a pris une tournure très inattendue. Tout le monde avait les mains liées devant cette pandémie.

La survie face au virus, la vie en confinement, la hausse du chômage, les hausses de prix artificielles et les nouvelles des décès inattendus provenant des quatre coins du monde ont déjà fait paraître l’avenir très incertain.

Dans notre pays, l’histoire est totalement différente. La vérité est préservée sous le tapis ! Une annonce a été faite dans les lieux publics sur les précautions à prendre et sur la façon de se protéger. En même temps, le Gouvernement a fait tout son possible pour s’attribuer tout l’honneur et la gloire, en disant que le monde entier nous regarde et que seul notre pays est indemne du coronavirus, etc. Oui, le Gouvernement a été vigilant dès le début et a pris des mesures, mais ce que disent les autorités n’est pas toute la vérité.

Ici, nous ne sommes pas directement impliquées dans une action caritative. Pendant la période de distanciation sociale, nous étions chez nous. Nous avons eu de la nourriture, des masques, du désinfectant et d’autres choses nécessaires. Le mieux que nous avions à faire, c’était de prier : nous avons prié pour les personnes touchées par le virus et nous avons envoyé des vibrations de paix tous les jours pendant que nous passions du temps en adoration. Nous sommes toutes restées à la maison, profitant de ce temps pour apprendre différentes choses. Souvent, nous nous partagions nos réflexions et nos sentiments et nous nous en sentions enrichies. Nous sommes devenues source d’encouragement les unes pour les autres. Mais pour combien de temps ?

Notre foi a été ébranlée ; la peur a commencé à s’emparer de nous lorsque nous avons appris de différentes sources que la population du monde diminue, que l’économie plonge, etc. Pas de travail, pas de nourriture, beaucoup de morts, les gens ne peuvent pas se déplacer, ils meurent dans un pays étranger... sans leurs proches - y a-t-il une plus grande peine que celle-là ? Dans cette atmosphère lugubre, où est l’espérance ? Où est le petit rayon de lumière ?

Nous avons connu un moment où nous nous sommes senties déprimées et sans espoir.

Nous avons commencé à fortifier notre moi intérieur. Un dimanche, notre communauté « Placide » a eu une méditation basée sur Dt 6,3-9,13b (« Israël, tu écouteras, tu veilleras à mettre en pratique ce qui t’apportera bonheur et fécondité, dans un pays ruisselant de lait et de miel, comme te l’a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères. Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé ; tu les attacheras à ton poignet comme un signe, elles seront un bandeau sur ton front, tu les inscriras à l’entrée de ta maison et aux portes de ta ville. Tu craindras le Seigneur ton Dieu, tu le serviras, c’est par son nom que tu prêteras serment »).

Croyant en la puissance du nom de Jésus, nous avons dessiné et écrit le nom de "Jésus" sous différentes formes et figures et nous les avons mises dans et autour de la maison, dans le jardin, sur les arbres, sur nos lits et dans tous les endroits possibles. Lorsque nous avons fait cela, une pensée m’est venue : "Dieu nous aime si fort, il nous sauvera sûrement. Ce que nous devons faire, c’est avoir une foi ferme en Lui".

Tout au long de cette période, nous avons fait l’expérience de la Providence de Dieu à l’égard de notre petite communauté. Nous avons également été inspirées par nos bienfaiteurs et, conscientes des besoins des gens qui nous entourent, nous avons gardé une tirelire et économisé une certaine somme de notre argent de poche, notamment en sautant un repas. Nous réfléchissions à la manière d’aider les plus démunis.

Un jour, le père Andy, un père carme, est venu nous voir et a commencé à nous raconter les difficultés de la communauté philippine résidant à Ho Chi Minh Ville. À cause du confinement, ils n’avaient pas de travail, pas d’argent pour payer leur loyer, rien à manger, pas d’argent pour le dernier rite d’une personne décédée du Covid-19, et bien d’autres besoins. Notre Communauté a immédiatement décidé que notre petite aide apporterait une consolation à ces personnes dans le besoin, et nous avons donc rejoint la Communauté du Père Andy dans ce but. Nous sommes heureuses d’être devenues une goutte d’eau dans l’océan, de vivre l’amour de manière très concrète et d’apporter de l’espoir aux autres en les aidant honnêtement et respectueusement. Peu importe la quantité, le partage apporte une double intensité de joie. C’est un petit geste mais qui a une grande signification. C’était pour moi une grande leçon de générosité. Je me sens heureuse quand j’y pense. Nous ne pouvons pas faire de grandes œuvres caritatives, mais nous pouvons faire un petit geste d’amour avec un grand cœur.

Tout cela m’a fait réaliser que l’espérance est dans notre cœur. Elle brille à travers notre partage et nos œuvres caritatives. Dans la communauté même, nous créons une lueur d’espoir les unes pour les autres en étant des compagnes de grâce. J’ai appris et pratiqué beaucoup de bonnes choses pendant cette période et j’ose donc le dire : l’espérance brille lorsque l’amour et la foi se rejoignent. Je suis un espoir. Vous êtes un espoir. Nous sommes l’espoir l’un pour l’autre. Nous sommes tous l’espoir du monde. Gardons notre foi et faisons confiance à Dieu pour que notre espérance ne s’affaiblisse jamais. Prions les uns pour les autres afin que tous puissent entendre le murmure du Seigneur : "Je suis l’espoir pour tous ceux qui sont sans espoir. Je suis les yeux de tous ceux qui aspirent à voir. Dans l’ombre de la nuit, je serai ta lumière, viens te reposer en moi !"

Maria TRẦN Bích Oanh, postulante de 2e année

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