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Quelques aperçus de notre vie avec le coronavirus dans la Congrégation

Octobre 2020

La pandémie du Covid-19 continue !

"Ne nous y trompons pas : notre lutte contre le coronavirus est loin d’être terminée... Près d’un million de décès ont été directement liés à la maladie... Une pandémie mondiale requiert un effort mondial pour y mettre fin. Aucun d’entre nous ne sera en sécurité tant que tout le monde ne le sera pas". Tels sont les propos d’Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne.

Les informations des médias sur les statistiques de la pandémie en constante évolution sont à notre disposition quotidiennement, voire heure par heure. On nous rappelle sans cesse notre responsabilité à réduire autant que possible les contacts avec les autres personnes, en restant chez nous, en travaillant à domicile lorsque cela est possible et en observant la distanciation sociale afin de contenir la propagation de la maladie.

Les extraits ci-dessous vous donneront un aperçu de la vie dans la Congrégation alors que nous continuons à vivre avec l’inévitable réalité du Covid-19.

Sœur Lucy Jacob

Bruxelles

Belgique : Tout d’abord, nous sommes heureuses de dire que, pour le moment, aucune Sœur de la Belgique n’est malade du Covid-19. Malheureusement, le nombre d’infections en Belgique fait qu’une grande partie du pays est aujourd’hui considéré comme « zone rouge ». La courte période d’"oxygène" du mois de juin est maintenant totalement dépassée et les autorités annoncent à nouveau des mesures très strictes pour arrêter la vague. Cependant, tout est fait pour maintenir en activité les services médicaux, protéger les maisons de retraite contre le virus et pour permettre aux écoles de rester ouvertes le plus longtemps possible.

Il est regrettable qu’à mesure que les infections augmentent, toutes les activités doivent cesser : une réunion avec Mgr Lode Van Hecke, le nouvel évêque de Gand, dans notre Maison Mère est annulée. La plupart des Sœurs attendaient cette rencontre personnelle avec l’Évêque. Nous avions également prévu une célébration commémorative des Sœurs qui sont décédées pendant la pandémie - celle-ci doit maintenant être reportée à une autre date. Il en va de même pour la rencontre du Nouvel An. C’est pénible pour les Sœurs qui ont besoin de la compagnie d’autres Sœurs. Les possibilités virtuelles ne peuvent pas remplacer les rencontres chaleureuses et personnelles entre les Sœurs.

Angleterre et Irlande : Le Gouvernement anglais nous a prévenus que des restrictions plus strictes que celles déjà en place pourraient être nécessaires ; nous attendons donc le pire, qui pourrait être un confinement total comme celui que nous avons connu en mars dernier, au début de la pandémie. À ce jour, le confinement est localisé dans ce que l’on appelle les "points chauds" dans différentes parties du pays.

En Irlande, la situation est extrêmement préoccupante. À partir du mercredi 21 octobre à minuit, le pays est passé à son niveau de confinement le plus élevé pendant six semaines. Cela signifie que les visites de maisons ou de jardins privés ne seront pas autorisées et qu’il n’y aura pas de rassemblements, à l’exception des mariages et des enterrements étroitement contrôlés.

Nos Sœurs, dans les deux pays, suivent les directives de leurs gouvernements respectifs, tout comme les directeurs de nos maisons de soins à Rosglas (Irlande) et Ansdell (Angleterre). Jusqu’à présent, aucune Sœur ni personne de nos maisons de soins n’a contracté la maladie, Dieu merci, et cela est dû en grande partie à notre excellent personnel laïc qui suit les recommandations des Ministères de la santé et des Gouvernements.

Ranchi : Le coronavirus ne fait pas de discrimination ! Beaucoup de nos Sœurs ont également été infectées par le Covid-19. La première SCJM testée positive était à Hulhundu. Il y a eu un sentiment de peur et d’inquiétude sur le campus. D’autres tests ont été effectués et 10 Sœurs ont été trouvées positives au virus, ainsi que 8 membres du personnel. Les Sœurs infectées sont restées isolées dans un bâtiment séparé et ont été prises en charge par d’autres Sœurs et nos aides ménagères. À Jamshedpur, 18 Sœurs de l’hôpital Mercy ont été testées positives, en plus de quelques médecins, infirmières, techniciens et autres collaborateurs.

Dès qu’une personne est testée positive, elle est isolée. Certaines ont besoin d’environ 45 jours pour se rétablir, tandis que d’autres ont besoin de 21 jours ou un mois pour se remettre et reprendre le service. Il est difficile pour l’hôpital de fonctionner alors qu’il y a un manque de personnel pour gérer et traiter l’afflux de patients.

L’hôpital a créé des services séparés pour les patients atteints du Covid-19. À l’heure actuelle, le nombre de cas de Covid-19 a diminué. Cependant, le danger que représentent l’admission et le traitement de patients sans test de dépistage du coronavirus continue d’effrayer le personnel. Avec l’arrivée de l’hiver, le nombre de cas positifs pourrait augmenter, mais les gens apprennent à « vivre avec » et les hôpitaux se préparent à traiter les cas avec plus de confiance.

Delhi : Dans la Province, les Sœurs font un effort pour faire face à la réalité. Vaccinées par le précieux sang de Jésus-Christ, nous continuons nos apostolats. Les cours en ligne battent leur plein. Les étudiants et les enseignantes sont occupés, tout comme les infirmières et les travailleuses sociales de la Province : oubliant leur propre santé, elles offrent leurs services sans compter.

Actuellement, il y a une Sœur dans chacune des Communautés du couvent du Sacré-Cœur et d’Ashirbhawan à Amritsar et du Provincialat à Delhi qui ont été testées positives au Covid-19, et trois autres qui ont quelques symptômes légers. Toutes prennent des médicaments et sont en isolement. Toutes les Sœurs de ces Communautés sont en quarantaine. 

C’est une expérience unique que d’être mis en quarantaine dans sa propre maison. Parfois, nous considérons la vie communautaire comme allant de soi. Quand nous pouvions être ensemble pour la prière, l’Eucharistie, les repas, les loisirs et d’autres activités, nous ne nous sommes jamais suffisamment rendu compte de la valeur de la vie en communauté. Aujourd’hui, bien que nous soyons physiquement éloignées, nous sommes unies dans la prière et nous communiquons entre nous par Internet, ce qui est vraiment un soulagement. 

Sri Lanka : Alors que le pays s’adaptait à une nouvelle normalité avec tous les changements inévitables, le virus a soudainement refait surface le 4 octobre. Comme le nombre de cas de Covid-19 augmente rapidement, les centres de quarantaine se multiplient et certains hôpitaux et services sont transformés en unités d’isolement et de traitement du Covid-19.

Alors que cette deuxième vague effraie le pays, l’invitation de Jésus qui nous est adressée : "M’aimes-tu ?... Prends soin de mes brebis" est devenue un critère d’orientation. Notre réponse optimale à ce moment de l’histoire est notre prière pour tous ceux qui sont infectés par le nouveau coronavirus, pour ceux qui sont exposés au virus et pour ceux qui sont au service des patients. Les SCJM passent plus de temps à genoux en essayant par tous les moyens possibles d’atténuer la souffrance des gens, en particulier des pauvres et des chômeurs. Les personnes dont nous nous occupons, en particulier les personnes âgées, les enfants et le personnel, sont prises en charge. Le jardinage domestique est en plein essor car nous cultivons nos propres fruits et légumes frais. Nous passons plus de temps au sein de la Communauté : nous prions, nous travaillons et nous prenons du temps les unes pour les autres tout en explorant de nouvelles voies, car le Covid-19 invite tout le monde à une importante prise de conscience.

Pakistan : Au Pakistan, le Covid-19 semble exister seulement dans les journaux ! Les gens se déplacent sans masque et sans aucune autre mesure de précaution ! Certaines mesures sont prises dans les établissements d’enseignement, les hôpitaux et les banques. Selon les nouvelles, il y a de nouveaux cas d’infections au Covid-19 à Karachi et Islamabad, et un confinement judicieux a été mis en place dans les zones touchées.

Les écoles sont ouvertes par étapes, en commençant par trois classes supérieures des écoles secondaires et en faisant venir les autres classes au bout d’une semaine ou deux selon le lieu et la situation. Les écoles des petites villes telles que Hafizabad, Kasur et Yohannabad accueillent toutes les classes, tandis que les autres les accueilleront début novembre. Nous ne pouvons pas avoir plus de 20 élèves par classe ; toutes les classes sont donc divisées en deux groupes et les élèves viennent à l’école un jour sur deux.

Par la grâce de Dieu, toutes nos Sœurs restent en bonne santé et ne sont pas affectées par le virus. Nous vivons un jour à la fois avec l’espoir que le Père miséricordieux aura pitié de notre monde en nous délivrant bientôt de cette pandémie afin que nous puissions à nouveau vivre normalement.

Philippines : Les défis de chaque jour ne cessent de nous rappeler et nous sensibiliser à la réalité de la vie autour de nous ; les pauvres s’appauvrissent chaque jour davantage, sans possibilité de travailler pour gagner leur vie. Lorsque la situation semblait s’améliorer, une augmentation inattendue des cas de Covid-19 nous a obligés à annuler ou à reporter des projets déjà élaborés. Les écoliers ont des cours en ligne ; mais peu d’entre eux peuvent bénéficier de cette facilité.

Le gouvernement conseille aux gens de s’occuper des malades chez eux. La vie ne va pas être facile et elle devient de plus en plus compliquée. Tout le monde se pose la même question : combien de temps faut-il continuer comme ça ? Nous confions notre vie entre les mains de Dieu parce qu’il est le seul à savoir ce qui est le mieux pour nous.

Vietnam : La pandémie a apporté une fois de plus du désordre dans notre vie quotidienne ! La paroisse de Nam Hoa a fermé sa porte et les célébrations eucharistiques n’ont pas eu lieu. Il y a eu seulement quelques prières à différentes heures de la journée. Cependant, certaines paroisses situées à une distance de marche avaient la messe quotidienne et pouvaient accueillir de 30 à 35 personnes au maximum. Nous avons donc pris le risque d’y aller, pour ne pas être en retard et être enfermées dehors comme les vierges insensées qui n’ont pas pu assister au banquet avec l’Époux. Cela a duré une quinzaine de jours et nous avons pu de nouveau assister à la messe dans la paroisse. Pour l’instant, la situation est jugée normale et sous contrôle.

Rwanda – Burundi: Partout, nous pouvons voir que la vie recommence, avec beaucoup de constructions en cours, les enseignants et les élèves dans la fièvre de la reprise des cours… Cependant, le respect des restrictions sont toujours de rigueur : garder la distance sociale d’au moins 1m, porter un masque, se laver les mains, ne pas se serrer la main ni s’embrasser (cette mesure nous semble très difficile à observer et porte atteinte à notre culture de se serrer la main et de s’embrasser à tout moment).

De notre côté, comme SCJM, étant pleinement engagées dans notre apostolat, nous continuons nos prières supplémentaires et nos œuvres de miséricorde. Nous nous en souvenons dans nos prières et sommes solidaires des peuples des autres pays où la pandémie continue à causer beaucoup de pertes humaines.

Quant au Burundi, tandis que le monde entier était bouleversé et paniqué par la pandémie du Covid-19, lui a gardé son calme. Pas de confinement comme ailleurs, pas de fermeture des églises ni des écoles…, le travail et la vie ont continué comme d’habitude. Mais, au mois de juin dernier, la pandémie a été déclarée « l’ennemie publique numéro 1 » par le nouveau régime burundais. Parmi les mesures d’accompagnement, celui-ci a décidé de subventionner de moitié le prix du savon et de l’eau. Actuellement, le Gouvernement a toutefois recommandé à la population de ne pas baisser les bras devant cette « ennemie imprévisible ».

Mali : Toujours attentives à la situation, nous nous sommes tenues informées de l’actualité. Mais lorsque nous avons appris que la pandémie se propageait rapidement dans le monde, la peur, l’angoisse et l’inquiétude ont commencé à habiter nos cœurs.

Depuis l’enregistrement des premiers cas, nous avons demandé à nos travailleurs de rester à la maison, jusqu’à nouvel ordre. Alors nous avons commencé à faire nous-mêmes tous les travaux : la cuisine, le jardinage, l’élevage, etc. … La majorité de la population ne croit pas à la maladie. Bien qu’il y ait des cas, des morts, la population vit comme si de rien n’était. Quelques-uns se moquent de nous quand ils nous voient porter les masques. Il y a une confusion totale, mais de notre côté, nous faisons tout pour être prudentes.

Chaque mercredi, nous faisons une adoration de 30 minutes à l’intention de toutes les personnes touchées par cette maladie, en implorant la protection divine sur elles. Malgré la peur qui nous habite chaque jour, nous sentons la présence de Dieu au milieu de nous. Cela nous donne le courage de sortir pour faire au moins des petites courses au marché. La population nous encourage en minimisant la maladie. Malgré cela, nous prenons souvent des précautions pour ne pas nous laisser contaminer.

St. Bernard, RD Congo: Les messages sur les mesures de protection fusent de partout…

L’un des principaux moyens par lesquels Caritas, l’Eglise locale ainsi que les communautés religieuses, y compris les Sœurs de la Charité de Jésus et de Marie, dans leurs milieux respectifs, aident les communautés à se protéger contre le Covid-19 est de s’assurer qu’elles sont munies de bonnes informations qui les aident à sauver des vies.

Notre expérience du virus Ebola nous a beaucoup aidés parce que les mesures prises pour arrêter la propagation du Covid-19 sont similaires à celles prises contre l’Ebola, mais en mettant davantage l’accent sur le port du masque, le confinement et la distanciation sociale.

Il est vrai que c’est un nouveau mode de vie auquel nous devons nous habituer : nous promener avec les masques, nous laver souvent les mains, ne pas nous serrer la main …, toute une éducation à suivre pour accéder à différents lieux publics. Nous apprenons chaque jour à vivre avec le coronavirus et à le vaincre. Qu’ils soient élèves ou enseignants, dans des écoles publiques ou privées, tous ont repris le chemin de l’école le lundi 12 octobre. Comme nombre de leurs camarades dans le monde, les élèves congolais vont devoir se plier à de nouvelles règles quotidiennes : port du masque, etc.

St. Vincent, RD Congo : Le retour à la vie normale est autorisé dans le respect des mesures barrières et en suivant les modalités fixées par les équipes de riposte, comme le contrôle des températures à chaque entrée, le lavage des mains, le port obligatoire des masques dans les places publiques, la désinfection régulière des lieux d’activités… Pour le moment, la tendance générale est le relâchement, surtout par rapport au port des masques, alors que les nouveaux cas sont encore détectés, de temps en temps, dans les zones déjà infectées.

Dans la Province, en général, la vie reprend au ralenti. Nous avons effectué localement des changements plus restreints pour éviter d’engager trop de dépenses. Notre style de vie a complètement changé, ce qui exige de nous de revoir le vécu de nos vœux. Nous avons minimisé le coût des dépenses. Nous sommes toutes engagées à sensibiliser les autres sur le respect des mesures barrières dans nos Communautés ; nos écoles et hôpitaux. Positivement, il y a la prise de conscience et l’engagement de chacune à valoriser le jardin, les champs, l’élevage et, dans l’avenir, à envisager les Communautés agro-pastorales afin de diminuer les dépenses.

Par rapport à notre Charisme, la pandémie a un impact : dans nos institutions sanitaires où œuvrent nos Sœurs, il n’y a pas eu de cas de Covid-19. Comme SCJM, nos Sœurs infirmières ont continué à exercer leur fonction auprès des malades malgré le danger qu’elles encourent.


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